Peu de secteurs ont été aussi directement frappés par la flambée des prix de l’énergie que les industries dites électro-intensives — sidérurgie, chimie, verre, ciment — dont les procédés de production reposent sur une consommation massive de gaz et d’électricité.
Des lignes de production mises à l’arrêt
Plusieurs sites industriels européens ont dû réduire, voire suspendre temporairement leur activité lorsque le coût de l’énergie dépassait la valeur ajoutée de la production elle-même. Ce phénomène, rare avant la crise, est devenu un arbitrage récurrent pour de nombreux industriels du continent.
Le risque de délocalisation
Au-delà de l’impact immédiat, c’est la compétitivité de long terme de l’industrie lourde européenne qui est questionnée. Plusieurs groupes ont évoqué publiquement la possibilité de déplacer une partie de leur production vers des régions où l’énergie reste moins coûteuse, un scénario que les gouvernements cherchent à éviter par des mécanismes de soutien ciblés aux secteurs les plus exposés à la concurrence internationale.
Cette question, souvent résumée sous le terme de « désindustrialisation énergétique », occupe désormais une place centrale dans les débats sur la politique industrielle européenne.