Transition écologique et

Espagne et Portugal : le développement des renouvelables

Espagne et Portugal : deux marchés des énergies renouvelables en forte évolution Dans la péninsule Ibérique, l’ensoleillement, les ressources éoliennes et l’engagement politique ont accéléré le développement des énergies renouvelables. L’Espagne et le Portugal…

Espagne et Portugal : le développement des renouvelables

Espagne et Portugal : deux marchés des énergies renouvelables en forte évolution

Dans la péninsule Ibérique, l’ensoleillement, les ressources éoliennes et l’engagement politique ont accéléré le développement des énergies renouvelables. L’Espagne et le Portugal partagent un même cap, mais leurs marchés avancent à des rythmes et selon des priorités distincts.

Cette évolution ne dépend pas seulement des nouveaux parcs. Elle exige aussi des réseaux capables d’acheminer l’électricité verte, des solutions de stockage et une concertation locale, afin que la production variable réponde réellement aux besoins.

Une production renouvelable espagnole en hausse

En 2024, la production renouvelable espagnole a atteint 148 999 GWh, soit 10,3 % de plus qu’en 2023 et 56,8 % du mix électrique, selon les données de Red Eléctrica communiquées dans les informations de référence. L’énergie solaire et l’énergie éolienne y occupent une place majeure, tandis que l’hydroélectricité contribue à équilibrer la production.

Ces parts, indiquées séparément dans les données, ne doivent pas être confondues avec la part totale des renouvelables. Elles illustrent plutôt la diversité des technologies disponibles : le solaire apporte davantage en journée, l’éolien dépend des régimes de vent et les barrages peuvent contribuer à ajuster l’offre.

Selon Red Eléctrica, les capacités de stockage installées atteignaient 3 356 MW en 2024. La même année, plus de 480 kilomètres de lignes nouvelles ont été ajoutés au réseau de transport, un chantier essentiel pour relier les zones productrices aux lieux de consommation.

Les chiffres clés du système espagnol :

  • 148 999 GWh de production renouvelable en 2024
  • 56,8 % de la production électrique issue des renouvelables
  • 3 356 MW de capacité de stockage installée
  • Plus de 480 kilomètres de lignes ajoutés en 2024
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Les objectifs climatiques de l’Espagne et du Portugal

Cette progression de la production prend tout son sens lorsqu’on la rapproche des objectifs nationaux. Les deux pays inscrivent leur stratégie dans la transition énergétique européenne, mais leurs calendriers et leurs indicateurs ne sont pas identiques.

Le PNIEC espagnol à l’horizon 2030

Le Plan national intégré énergie-climat espagnol trace une trajectoire vers la neutralité carbone en 2050. Pour 2030, les objectifs communiqués comprennent une baisse de 32 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et une part de 48 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale.

Le plan prévoit également que les renouvelables fournissent 81 % de l’électricité. Il associe cette ambition au développement du solaire photovoltaïque, de l’éolien, du stockage et de l’hydrogène renouvelable. Ces cibles portent sur des indicateurs différents : une part dans la consommation finale ne se compare pas directement à une part de production électrique.

Le déploiement dépend aussi des communautés autonomes. Elles interviennent notamment dans l’aménagement du territoire, certaines autorisations et les évaluations environnementales, ce qui rend leur coopération essentielle à la concrétisation des projets.

Le cap portugais et la progression du solaire

Le Portugal vise, selon les objectifs transmis, 85 % d’électricité renouvelable et 43,2 GW de puissance renouvelable installée à l’horizon 2030. Le pays a aussi fixé un objectif de neutralité carbone pour 2045, avec des cibles concernant les émissions, l’hydrogène vert et l’éolien en mer.

La dynamique solaire est notable : les données fournies attribuent au pays une hausse de capacité photovoltaïque de 1,77 GW en 2024. Cette croissance renforce les perspectives d’investissement, mais rend également plus pressants le raccordement, le stockage et la gestion des périodes de forte production.

Repères comparatifs pour 2030 :

Indicateur Espagne Portugal
Part visée d’électricité renouvelable 81 % 85 %
Capacité renouvelable installée Objectif de 160 GW renouvelables Objectif de 43,2 GW
Hydrogène renouvelable Objectif indiqué de 12 GW ou plus Objectif indiqué de 5,5 GW
Neutralité carbone Horizon 2050 Horizon 2045

Réseaux, stockage et interconnexions électriques

Les objectifs de production ne suffisent pas à garantir un approvisionnement fiable. À mesure que le solaire et l’éolien progressent, les réseaux doivent transporter davantage d’électricité et mieux absorber les variations de production.

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Le stockage, complément des renouvelables

Le stockage permet de conserver une partie de l’énergie disponible pour la restituer lorsque la production baisse ou que la demande augmente. Les batteries, les stations de pompage hydraulique et, à plus long terme, l’hydrogène peuvent contribuer à cette flexibilité, avec des usages et des contraintes différents.

Une entreprise qui installe des panneaux solaires sur un site industriel peut, par exemple, consommer directement l’électricité produite en journée et utiliser une batterie pour décaler une partie de ses usages. Ce cas hypothétique montre pourquoi le stockage ne remplace pas le réseau : il complète l’autoconsommation et aide à piloter la demande.

Les leviers de flexibilité à développer :

  • Stockage par batteries près des sites de consommation
  • Gestion intelligente des usages électriques
  • Modernisation des réseaux de transport et de distribution
  • Développement de l’hydrogène pour certains usages industriels

Des interconnexions électriques à renforcer

Les interconnexions électriques permettent aux pays d’échanger de l’énergie et de mieux équilibrer leur système. Elles sont particulièrement importantes pour la péninsule Ibérique, dont les échanges avec le reste de l’Europe restent un enjeu de résilience et d’intégration du marché.

Selon les orientations européennes évoquées dans les données fournies, le renforcement des réseaux accompagne la recherche d’une moindre dépendance aux combustibles fossiles importés. Une interconnexion ne produit pas d’électricité, mais elle peut faciliter les échanges lorsque les conditions de production diffèrent d’une région à l’autre.

Une fois les infrastructures adaptées, la question devient aussi territoriale : l’acceptabilité des projets et le partage de leurs retombées pèsent sur leur réalisation.

Règles publiques et retombées territoriales

La construction des réseaux et des centrales dépend de décisions publiques autant que de choix techniques. En Espagne comme au Portugal, les cadres de planification orientent les investissements, tandis que les autorités locales influencent le calendrier et l’implantation des projets.

Des autorisations liées aux territoires

En Espagne, les communautés autonomes jouent un rôle dans l’urbanisme, l’aménagement et certaines procédures environnementales. Cette organisation peut rapprocher les décisions des réalités locales, mais elle demande une coordination entre les niveaux régionaux et nationaux pour éviter les retards.

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Les appels à projets peuvent aussi intégrer des critères sociaux ou territoriaux. Une centrale implantée dans une zone rurale peut ainsi être évaluée non seulement selon sa production, mais aussi selon ses effets sur l’emploi, les usages des sols et les retombées pour les habitants.

Des partenariats pour accélérer les investissements

Au Portugal, des entreprises nationales et étrangères participent au développement des projets renouvelables. Les partenariats peuvent apporter des compétences en ingénierie, en financement et en exploitation, tandis que les entreprises locales contribuent à l’ancrage des chantiers.

Pour un développeur, la qualité du raccordement et la lisibilité des règles comptent autant que la ressource solaire ou éolienne. Les politiques de soutien doivent donc articuler investissements, protection des consommateurs et modernisation des infrastructures.

Les conditions d’un déploiement territorial équilibré :

  • Concertation précoce avec les communes concernées
  • Évaluation des effets sur les paysages et les sols
  • Partage local des retombées économiques
  • Coordination des autorisations et des raccordements

Les prochaines étapes de la transition énergétique ibérique

Les trajectoires espagnole et portugaise convergent vers une électricité moins carbonée, mais leur réussite dépendra de l’équilibre entre production, flexibilité et accès au réseau. La prochaine phase consiste à transformer les objectifs annoncés en projets raccordés, utiles et compatibles avec les territoires.

Des technologies complémentaires

Le solaire photovoltaïque devrait continuer à progresser, notamment sur les toitures et certains sites déjà artificialisés. L’éolien terrestre conserve une place importante, tandis que l’éolien en mer pourrait élargir les possibilités du Portugal et de l’Espagne, sous réserve des contraintes techniques et environnementales.

La diversification compte : miser sur une seule technologie rendrait le système plus sensible aux variations de sa ressource. Associer solaire, énergie éolienne, hydroélectricité et stockage permet plutôt de répartir les apports et de mieux adapter la production aux besoins.

Un marché ibérique plus intégré

Selon les objectifs transmis pour le Portugal, le plan national prévoit aussi d’importants investissements dans le solaire, l’hydraulique et l’éolien. En Espagne, le PNIEC associe développement des capacités et modernisation du système ; dans les deux pays, la réalisation dépendra du rythme des raccordements et des autorisations.

Selon les orientations européennes rapportées dans les informations fournies, Madrid et Lisbonne soutiennent également un cadre renouvelable à l’horizon 2040, distinct des objectifs climatiques généraux. Un tel cap renforcerait la visibilité des investisseurs, à condition d’être accompagné de réseaux, de stockage et de règles stables.

Les priorités de la prochaine phase :

  • Raccordements adaptés au rythme des nouveaux projets
  • Stockage et pilotage de la demande électrique
  • Interconnexions plus solides avec le marché européen
  • Concertation locale et préservation des milieux naturels

Source : Red Eléctrica, données de production renouvelable espagnole pour 2024 ; plans nationaux énergie-climat espagnol et portugais, objectifs à l’horizon 2030, selon les données fournies.